Hommage à Cheikh Anta Diop au festival «Kaay Fecc»

Dakar – Au Sénégal, la dixième édition du festival de danse « Kaay Fecc », ouverte mercredi, au centre culturel Blaise Senghor, « met en lumière la créativité chorégraphique africaine en hommage au savant Cheikh Anta Diop », a indiqué sa directrice artistique, Gacirah Diagne.

Des compagnies africaines telles que « Yagran » (Gabon) et « Ethnies cité » (Diaspora) invités du festival, « Seny Kama » de Thiaroye, « Pasytef » de Dalifort, « Ëlëk » de Dakar-Guédiawaye-Yembeul (Sénégal) et le danseur congolais Kévin Mfinka, entre autres, prennent part à cet évènement culturel, selon l’Agence de Presse sénégalaise (APS), relayée par le site de la FAAPA (Fédération atlantique des Agences de Presse africaines).

« Le Rwanda et la Côte d’Ivoire ont été conviés, mais n’ont pas pu venir faute de moyens », a indiqué la directrice du festival, citée par la même source. « Nous voulions une édition symbolique avec uniquement des compagnies africaines en hommage à Cheikh Anta Diop qui s’est battu pour montrer l’apport de l’Afrique, ses valeurs, ses richesses. Nous voulons valoriser ce qui se passe sur le continent », a souligné Gacirah Diagne par ailleurs présidente de l’Association « Kaay Fecc ».

Il est important que la création africaine tourne sur le continent, selon Mme Diagne qui estime que « cela ne se fait pas assez ». Selon elle, la raison de cette faiblesse de circulation des compagnies africaines de danse sur le continent est à chercher dans les conditions économiques.

Cette dixième édition, qui va se poursuivre jusqu’à dimanche, propose des masterclass en danse traditionnelle congolaise et sénégalaise et des représentations d’une dizaine de compagnies en danse hip hop, contemporaine et cultures urbaines. Au cours d’un spectacle, le danseur congolais Kévin Mfinka, en sueur, esquisse des pas de danse avec un groupe d’apprenants sous les rythmes traditionnels congolais du « Zebola » et du « Essombi », des sonorités proches du Mbalax sénégalais. Il transmet des mouvements de partage, des gestes du corps exprimant la récolte ou la pratique de la lessive dans le cadre du masterclass qu’il dispense sur la danse traditionnelle congolaise. « Ici, on oublie le temps et on laisse le corps respirer aux rythmes du +Mbonda+ et du +Mombonda+. C’est une danse du Congo profond à Brazzaville comme à Kinshasa », explique Kévin Mfinka, un ex-danseur du ballet « Les tambours de Brazza ».

La danseuse Dieynaba Thiam, qui a pris part à cette séance, estime que le plus difficile a été « l’endurance et l’énergie », nécessaires pour danser. « C’est la première fois que j’apprends la danse traditionnelle congolaise, mais il y a des similitudes avec le dancehall et le ragga d’origine jamaïcaine et africaine », a t-elle dit.

A rappeler que l’historien et anthropologue Cheikh Anta Diop (1923-1986) s'est attaché sa vie durant à montrer l'apport de l'Afrique et en particulier de l'Afrique noire à la culture et à la civilisation mondiale. Il a notamment été précurseur dans sa volonté d'écrire l'histoire africaine précédant la colonisation.

Publié par Mafrique.ma