Regards croisés sur le Maroc et sa culture

-Par Mostafa NAZIH

Parmi les activités culturelles organisées par le Conseil de la Communauté marocaine à l'étranger (CCME), dans le cadre du Salon international de l’Edition et du Livre (SIEL) de Casablanca, on avait l’opportunité, cet après-midi ensoleillé du dimanche 9 février courant, d’assister à une Table ronde sur l’« Image du Maroc et de sa culture en Europe : regards croisés géographiques et interdisciplinaires ».

Le sujet était passionnant parce que ces « regards croisés » ne pouvaient pas ne pas lier cette perception de l’image du Maroc à l’étranger à l’histoire et au vécu ; eux-mêmes liés à la migration, mais en même temps à l’image envoyée d’ici, vers l’ailleurs.

Le sujet l’était encore plus parce qu’autour de la Table, pour en débattre, il y avait des « descendants de la migration », ou tout simplement des Marocains d’ailleurs faisant partie de l’élite des pays où ils ont vécu ou sont nés.

Il s’agit de l’animateur de ce débat, Mokhtar Ferdaoussi, juriste, président du Conseil national des Marocains de France, syndicaliste et acteur associatif ; de l’intervenant, Mohamed Boundi, journaliste de formation, docteur en sociologie et sciences de la communication, auteur, entre autres, de : « Le Maroc dans l’opinion publique espagnole » et préside actuellement le « Cercle de recherche sur l’immigration, le Développement et la Coopération » à Madrid ; de l’intervenante Samira El Kandoussi, diplômée de l'Ecole de journalisme d'Utrecht, auteur de chroniques et articles pour divers journaux, participe à des émissions TV aux Pays-Bas et qui s’est lancée dans la réalisation de documentaires et de séries ; et de l’intervenant Rahim Hajji, sociologue, professeur universitaire en Allemagne et écrivain sur la migration et l’intégration des Marocains ; ainsi que de l’intervenante Peggy Derder, historienne spécialisée dans l'histoire de l'immigration en France, a longuement travaillé au Musée de l’Histoire de l’Immigration, et évolue maintenant au Musée du Quai Branly et qui a notamment publié « Idées reçues sur les générations issues de l’immigration ».

-Interaction entre thématiques

Les interventions dans le débat incitaient à interagir pour noter qu’à travers l’histoire du Maroc en relation avec l’Europe et les liens du Royaume avec nombre de ses pays -ayant différentes facettes et ramifications- proximité géographique oblige, les enfants de générations d’émigrés marocains dans le vieux continent sont intégrés et ont contribué, au même titre que les parents et grands-parents, à la richesse des Nations.

Les descendants de la migration, dont des cadres et des élites, sont devenus des citoyens à part entière des pays d’accueil des anciens émigrés, qui constituaient seulement une force de travail, participant à l’essor économique et, à degré moindre, à l’action politique dans leurs pays.

Ils sont intégrés, oui, mais tout en gardant -par la nature des choses, et c’est humain- des liens (du moins de parenté) avec le pays d’origine de leurs parents et grands-parents. A faire observer de passage que cette situation est commune aux Maghrébins, du fait que les premières vagues d’émigration étaient opérées au Maroc et en Algérie notamment.

La perception de l’image du Maroc, comme l’ont indiqué certains intervenants, a évolué à travers l’histoire ; d’une part, par l’image donnée jadis par l’émigré qui n’avait pas de niveau d’instruction et qui était considéré seulement comme une force de travail, alors que parmi les successeurs, il y a actuellement des élites dans les champs académique, économique, culturel, social, sportif, médiatique et politique. Et d’autre part, par l’image envoyée d’ici, ailleurs. Le Maroc est, en effet, apprécié comme Etat d’institutions, pays moderne et disposant d’infrastructures modernes. C’est une Société en marche ; une Nation millénaire, qui dispose d’un patrimoine culturel diversifié, qui a enrichi la connaissance universelle et qui poursuit sur cette voie.

Publié par Mafrique.ma