Lutte contre le commerce illicite des espèces sauvages

Kinshasa - Le vice-Premier ministre, ministre des Affaires étrangères et intégration régionale, Léonard She Okitundu, a plaidé pour une solution mondiale avec l’implication du secrétaire général des Nations Unies au travers d’une structure ad hoc, pour faire face au commerce illicite des espèces sauvages dans le monde.

Léonard She Okitundu a fait ce plaidoyer lors de son intervention vendredi dernier à Londres, à la 4ème conférence sur le commerce illicite des espèces sauvages, rapporte l’Agence congolaise de Presse (ACP), relayée par le site de la FAAPA (Fédération atlantique des Agences de Presse africaines).

Il a soutenu que la question du commerce illicite des espèces sauvages nécessite une approche multidimensionnelle qui doit être adoptée au sujet de l’assèchement du marché entre pays d’origine, de transit et de demande, un cadre juridique plus dissuasif avec un régime de sanctions plus lourd.

Le chef de la diplomatie congolaise a en outre, plaidé au plan continental, pour la mise sur pied d’une stratégie africaine de lutte contre le commerce illégal des espèces sauvages et pour la création d’un fonds mondial y afférent.

« La question de trafic illicite des espèces sauvages est un phénomène global très pressant qui menace la paix et la stabilité de plusieurs Etats dont la RDC », a indiqué le vice-Premier ministre, avant de mettre en exergue des espèces rares et endémiques dont regorge la RDC à savoir l’Okapi, le Rhinocéros blanc du nord, le Gorille de montagne, le Gorille de Graduer, le Bonobo, le Paon congolais.

Il a également mis aussi en exergue les 150 millions d’hectares de forêts dont dispose le pays en précisant que ces forêts représentent près de 50% des forêts d’Afrique et plus de la moitié (60%) du massif forestier du Bassin du Congo considéré, à juste titre, comme le deuxième « poumon » de la planète après l’Amazonie.

Il a noté que cette criminalité transnationale (commerce illicite) organisée est un véritable cancer accompagné de nombreux métastases tels que la corruption, le blanchissement de capitaux, le commerce illégal d’armes, de stupéfiants, les viols, l’esclavage sexuel, les meurtres, les pillages et autres actes terroristes.

Il a relevé que la RDC n’est pas épargnée par ce crime qui, selon lui, apparait généralement sous deux faces, à savoir la criminalité faunique dont le socle est le braconnage, et la criminalité forestière qui repose sur l’exploitation forestière illégale.

Estimé à 26 milliards de dollars américains par an, selon lui, le commerce illicite des espèces sauvages permet « des profits illégaux qui servent à financer principalement des conflits armés et des activités de nature terroriste survenant de manière cyclique.

Quand les braconniers épuisent les espèces animales dans l’une région, a-t-il révélé, ils s’attaquent à la forêt pour le bois et aux minerais disponibles, sans oublier les viols, les rapts, les pillages pour se transformer « in fine en rebelles ».

Le vice-Premier ministre a rappelé à cette occasion que certaines régions de la RDC portent les stigmates de ce commerce. Il s’agit de l’abattage de 16 okapis dans la réserve d’Epulu en 2012 par un groupe rebelle, des assassinats récurrents des gardes de parcs nationaux ou encore récemment le rapt au dénouement heureux de deux touristes britanniques dans le Parc Virunga grâce à la collaboration exemplaire entre les gouvernements Britannique et Congolais.

Le commerce illicite des espèces est « une industrie criminelle » à laquelle la RDC fait face en permanence, a-t-il encore dit, avant de souligner que Kinshasa a établi un lien triple type inextricable entre stabilité, prospérité et biodiversité.

Pour le chef de la diplomatie congolaise, la RDC ne peut être stable et prospère que par la protection et la promotion de sa biodiversité.

Il a soutenu aussi que la RDC appuie, en outre, la proposition de reconnaitre comme question de sécurité, le commerce illégal d’espèces sauvages.

Il a insisté sur la nécessité et l’urgence « d’agir ensemble ». « Aucun de nous, en agissant seul, ne peut atteindre le succès. J’ai découvert ce secret après avoir gravi une colline, tout ce que l’on découvre, c’est qu’il reste beaucoup de collines à franchir », a-t-il dit en substance.

-Des mesures fortes du Président Kabila face à ce fléau:

Par ailleurs, le vice-Premier ministre a cité en exemple des mesures fortes prises sous le leadership du Président de la République, Joseph Kabila Kabange, face à ce fléau.

Il s’agit de la création d’un réseau national d’aires protégées estimé à près de 25 millions d’hectares, soit 13% de l’étendue du territoire national avec l’ambition de porter à 17% dont 4 parcs nationaux et une réserve naturelle inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, de la création de l’Institut Congolais pour la conservation de la nature (ICCN), chargé de la sécurisation des parcs nationaux et réserves naturelles, de la ratification des conventions et protocoles internationaux sur la Diversité biologique, du renforcement national des mesures du Commerce international des espèces sauvages menacées d’extinction ( CITES), de la mise en place d’un arsenal légal approprié ainsi que d’une stratégie nationale sur la protection de la biodiversité.

Pour confirmer cet engagement continu de la RDC face à ce fléau, a-t-il dit, le 30 septembre dernier, le Président de la République a procédé personnellement en présence du corps diplomatique à l’incinération symbolique d’une tonne d’ivoire d’éléphants et des écailles de pangolins ainsi qu’au relâchement de perroquets gris.

Pour rappel, le chef de la diplomatie congolaise a participé à cette conférence internationale sur invitation de son homologue britannique Jeremy Hunt qu’il a rencontré la veille lors d’une rencontre bilatérale qui a permis de dégager un convergence de vues pour une consolidation des relations diplomatiques entre Londres et Kinshasa.

Outre le vice-Premier ministre, la délégation congolaise à cette rencontre était constituée de l’ambassadeur de la RDC à Londres, Marie Ndjeka, du directeur Europe, Debre Boyoko, des Conseillers Michael Sakombi et Zalia Amour.

Cette rencontre a connu également les interventions de son Altesse Royale Prince William du Royaume Uni et Duc de Cambridge, des Présidents Ali Bongo du Gabon, Yoweri Museveni de l’Ouganda, et Masisi du Botswana.

Publié par Mafrique.ma