Iran/USA/Allemagne: le ministre allemand des AE invite Iran et USA à désamorcer une situation «explosive»

Téhéran - Le ministre allemand des Affaires étrangères a plaidé, lundi à Téhéran, pour un apaisement des tensions « explosives » entre Téhéran et Washington, au lendemain de son arrivée en Iran.

« La situation ici, dans la région, est hautement explosive et extrêmement grave. Une escalade des tensions actuelles pourrait provoquer une surenchère militaire », a estimé Heiko Maas, lors d'une conférence de presse avec son homologue iranien Mohammad Javad Zarif.

Le chef de la diplomatie allemande, qui devait être reçu par le président Hassan Rohani, s'est rendu à Téhéran pour montrer que les signataires européens de l'accord international sur le programme nucléaire iranien n'ont pas renoncé à le sauver, malgré le retard pris par Instex, le dispositif censé permettre de contourner les sanctions américaines.

Heiko Maas a assuré dans la matinée qu'Instex serait opérationnel rapidement. « Téhéran va coopérer avec les signataires européens de l'accord pour le sauver », a promis, de son côté, Mohammad Javad Zarif, qui a fait état d'une discussion « franche et sérieuse » avec son homologue allemand.

Instex a été conçu par l'Allemagne, la France et le Royaume-Uni -les trois signataires européens de l'Accord de Vienne- pour mettre en place des transactions non monétaires avec l'Iran, ce qui leur permettrait d'échapper aux sanctions américaines dans le secteur bancaire.

Heiko Maas a, en même temps, déclaré qu’« il s'agit d'un outil d'un nouveau type, il n'est donc pas simple de le rendre opérationnel, mais toutes les conditions formelles sont désormais remplies. Je pense donc que nous pourrons l'utiliser d'ici peu ».

Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères avait auparavant jugé que les Européens s'étaient, jusqu'à présent, montrés incapables de sauver l'Accord de Vienne.

« Les Européens n'ont pris pour le moment aucune mesure concrète et significative pour garantir les intérêts de l'Iran », a déclaré Abbas Mousavi. « Téhéran ne discutera d'aucune question autre que l'accord sur le nucléaire », a-t-il ajouté, évoquant le souhait de la France d'inclure le programme de missiles balistiques dans les tractations, la poursuite de ce programme étant l'un des motifs avancés par Donald Trump pour justifier la dénonciation de l'accord de Vienne.

L'Iran, qui ne se considère plus tenu de respecter les engagements pris à Vienne, a promis de reprendre ses activités d'enrichissement d'uranium.

Le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a annoncé que Téhéran avait mis sa menace à exécution. L'agence, a poursuivi Yukiya Amano, n'est toutefois pas en mesure de dire quand la limite fixée par l'accord sera atteinte. « Il est essentiel que l'Iran respecte pleinement ses obligations », a-t-il ajouté. (Avec «boursorama.com»)

Publié par Mafrique.ma