Algérie: Encore des manifestations, heurts et blessés dans la capitale

Alger - Un cortège monstre a défilé dans une ambiance plus tendue qu'à l'accoutumée à Alger pour un 8e vendredi consécutif de contestation, le premier depuis l'annonce d'une présidentielle le 4 juillet pour désigner un successeur à Abdelaziz Bouteflika, rejetée par les manifestants.

Comme chaque semaine, le défilé s'est déroulé globalement dans le calme mais la tension palpable avec la police, moins souple que d'habitude, a débouché sur des heurts qui ont fait plusieurs blessés et des dégâts matériels.

La police a notamment tiré de nombreuses grenades lacrymogènes et fait usage de canons à eau pour disperser une centaine d'irréductibles alors que la foule, au moins aussi importante que celle des vendredis précédents, quittait le centre de la capitale à la tombée de la nuit après avoir défilé.

Jets de pierres, bouteilles, poubelles, les émeutiers ont riposté avec ce qui leur tombait sous la main, jusqu'à ce que des manifestants s'interposent, faisant de grands signes avec leurs bras en signe d'apaisement et criant « Silmiya! » (« pacifique! »), mot d'ordre de la contestation, avant de nettoyer les rues une fois les affrontements terminés.

Selon la police, qui a attribué les violences à des « délinquants » infiltrés, 83 policiers ont été blessés dont quatre grièvement et 108 personnes arrêtées. Des manifestants ont également été légèrement blessés par des pierres, dans les bousculades ou ont fait des malaises en raison du gaz lacrymogène, selon des journalistes de l'AFP.

Une voiture de police a été incendiée. Plusieurs véhicules ont également été vandalisés, selon des images diffusées sur les réseaux sociaux.

« Ce ne sont pas des manifestants » qui ont affronté la police, « juste des gens qui fichent la pagaille », a expliqué à l'AFP Mustapha, avocat quinquagénaire.

« Mais (...) on sent un durcissement de la part de la police, la manifestation a été plus nerveuse aujourd'hui », a-t-il poursuivi. « A chaque décision (du pouvoir) c'est plus de mépris, on est hors de nous, mais il faut garder ce caractère pacifique » des manifestations, salué de par le monde depuis le 22 février. (Avec AFP/Ph. d’illustration: site de l’AFP)

Publié par Mafrique.ma