Point de vue

La volonté d’investir et de s’investir plus en Afrique

Par : El Mostafa NAZIH

Un fait marquant a été enregistré au Maroc à la veille de la tenue de l’Assemblée générale ordinaire des chefs d’Etat et de gouvernement, à Addis-Abeba (28-29 janvier 2018), dans le cadre du 30ème sommet de l’Union africaine. Il s’agit de la création d’un ministère chargé de la coopération africaine, annoncée dans le discours royal du 13 octobre 2017, prononcé devant les deux Chambres du Parlement.

La création d’une telle institution et la nomination à sa tête d’un « Monsieur Afrique » constitue un évènement majeur qui traduit, pour la deuxième fois dans l’histoire du pays, la volonté de s’investir encore plus dans son continent.

Pour rappel, un ministère des Affaires africaines a été créé durant les années soixante du siècle dernier et avait à sa tête Feu Abdelkrim El Khatib qui a été reçu, plusieurs années plus tard (1995), par le Président sud-africain Nelson Mandela, lors d’une cérémonie d’hommage au Maroc pour son soutien et sa solidarité avec le peuple sud-africain qui luttait pour l’indépendance et la libération du joug du colonialisme. Feu Mandela a particulièrement mis en exergue, dans un discours historique à l’occasion, ses relations avec le Dr. El Khatib qui avait contribué, dès 1962 en tant que ministre des Affaires africaines et ancien résistant, à l’aide à la libération de l’Afrique du Sud en l’accueillant dans le Royaume, alors qu’il militait pour la cause de son peuple, et en lui fournissant des armes, de l’argent et de l’entrainement pour ses hommes armés.

Le second « Monsieur Afrique », nommé, vient du secteur privé et est issu du monde de l’économie et des affaires. Mohcine Jazouli, ministre délégué au ministère des Affaires étrangères et de la coopération internationale, chargé de la coopération africaine, a été installé dans ses fonctions et a même participé avec Nasser Bourita à l’Assemblée générale des chefs d’Etat et de gouvernement d’Addis-Abeba aux travaux de laquelle Saadeddine El Othmani a représenté le Roi Mohammed VI.

– Coopération solidaire

A la veille de cette Assemblée de l’Union africaine, un autre fait marquant a été enregistré au Maroc et qui est également en relation avec la coopération économique africaine. Il s’agit de la séance de travail, consacrée à l’examen de l’état d’avancement de la mise en œuvre par Masen des plans de développement des énergies renouvelables du Royaume, ainsi qu’à l’évaluation de leurs différentes phases de réalisation. Présidée par le Roi, cette séance de travail s’inscrit dans le cadre du suivi régulier par le Souverain des différentes phases de déploiement de la stratégie énergétique nationale et de celle des énergies renouvelables en particulier. Lors de la séance, « un point a été également consacré à la revue de l’avancement de mise en œuvre de la stratégie internationale de Masen et à son développement en Afrique en particulier », selon un communiqué du Cabinet Royal qui fait remarquer que « Le Souverain a donné ses Hautes instructions aux institutions de l’écosystème EnR marocain, à l’effet d’accélérer le déploiement de la stratégie nationale en la matière afin de consolider la position de leader du Royaume à l’échelle continentale et régionale et de faire des énergies renouvelables un véritable levier de la coopération Sud-Sud et un vecteur de développement des pays de l’Afrique Sub-Saharienne disposant d’un potentiel renouvelable avéré. »

Ainsi émergent les énergies renouvelables, autre domaine où le leadership du Maroc sera au service de la coopération pour le développement avec le reste du continent. Une « coopération solidaire » soulignée récemment par Georges Weah, Président libérien, et par tant d’autres chefs d’Etat et responsables politiques et économiques en Afrique et ailleurs et qui témoigne du regain de la solidarité africaine d’antan, comme culture des ancêtres.

« L’Afrique, un continent de résilience et d’espoir », comme l’a affirmé  le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, à l’ouverture du 30ème sommet de l’Union africaine, et incite, certes, à investir et à s’y investir plus.

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