Point de vue

Au Maroc, le mal du foot

Par : El Mostafa NAZIH

Après l’élimination de la sélection marocaine de football de la CAN 2019 d’Egypte, les supporters étaient frustrés par la prestation du onze national. Subitement ils se sont trouvés face à une grande désillusion. La sortie était précoce. Au final, un résultat qui fait mal ; une situation  difficile à digérer.

Quand on parle football au Maroc, comme dans le reste du Continent d’ailleurs, c’est l’équipe nationale qui s’accapare l’attention non seulement des concernés par le ballon rond mais également et surtout du citoyen lambda.

Est-ce parce que ce sport populaire est devenu « l’opium des peuples » ? Est-ce en relation avec le budget alloué à ce sport populaire au moment où une partie de l’opinion monte au créneau (surtout en cas de défaite) pour dire que d’autres domaines sociaux sont aussi « populaires » ?

Au-delà des questionnements, le mal ressenti par le grand public relève plutôt d’un sentiment de déception, d’amour-propre, de frustration collective. L’équipe nationale s’accapare l’attention et s’invite comme une fierté nationale, lorsqu’elle joue en Coupe d’Afrique et en Coupe du Monde notamment, parce que les honnêtes gens aspirent à une réussite collective de quelque chose, tout de même. C’est une quête d’exploit collectif qui fait resurgir inconsciemment le patriotisme (ou le chauvinisme, comme dirait l’autre).

Dans ce sillage, mais sur un autre plan, l’équipe nationale devient une « ambassade » et les joueurs des « ambassadeurs extraordinaires et plénipotentiaires ». A contrario, quand il s’agit d’élimination d’une grande compétition, ces joueurs et leur entraîneur sont sous les feux de la rampe et tout « diagnostic » de l’échec passe d’abord par eux en tant qu’acteurs principaux.

Au Maroc, l’expérience de l’entraîneur actuel avec l’équipe nationale, survenue après tant de déboires, était utile, mais a fini par devenir frustrante, laissant un goût d’inachevé eu égard aux moyens et à l’effectif disponibles.

Comment une équipe de professionnels, qui regorge de potentialités et de talents pouvait tomber si bas ? La question s’est imposée, ici et ailleurs, à l’occasion de cette CAN notamment, sachant que les résultats de la sélection étaient déjà en dents de scie. 

Ce qui est clair c’est que l’ossature de la sélection nationale ne peut-être constituée que de professionnels du fait que l’expatriation continue appauvrit le championnat national. La vente ou l’achat des joueurs par les clubs fait partie de la règle du jeu et tout joueur dont l’étoile s’illumine au national aspire à l’international. Dans l’ambition de s’expatrier, il cherche d’autres opportunités sous d’autres cieux, ce qui est tout à fait légitime. Et c’est le même scénario partout, ce n’est nullement l’apanage de tel ou tel championnat national. Cette situation est liée également au professionnalisme qui n’arrive pas encore à aider les clubs à retenir leurs joueurs qui atteignent l’excellence.

Etant devenu un choix irréversible, le professionnalisme appelle un engagement plus conséquent des entreprises dans le secteur du sport.

Les limites de l’équipe nationale sont là. Leur « diagnostic » est aussi lié à la communication avec les joueurs marocains professionnels qui ont opté pour la défense du maillot national ; une communication devant être permanente pour encourager et soutenir leur bon choix et éviter à certains d’entre eux certaines erreurs.

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