Politique

Les relations maroco-américaines : dimensions historiques, politiques et économiques

Rabat – Les relations maroco-américaines sont fondées sur des bases solides, dans lesquelles se croisent les dimensions historiques, politiques et économiques, à même d’anticiper leur avenir et d’élargir leurs perspectives, a affirmé le professeur de droit international à l’Université Mohammed V de Rabat, Tajeddine El Houssaini.

Invité du Policy Center for the New South (PCNS) dans le cadre du programme hebdomadaire « Les Mardis du PCNS », M. El Houssaini a passé en revue les étapes historiques décisives dans les relations entre les deux pays, rappelant que le Maroc fut le premier pays à reconnaître en 1977 l’indépendance des États-Unis d’Amérique sous l’ère du Sultan Sidi Mohammed ben Abdallah.

Cette reconnaissance n’était pas un événement isolé dans le cours des relations maroco-américaines puisque dix ans plus tard, les deux pays ont signé le Traité de Paix et d’Amitié en tant que pierre angulaire dans l’encadrement des relations bilatérales, a-t-il relevé, soulignant que le développement des relations bilatérales « ne reposait pas sur la reconnaissance d’une partie dans sa confrontation avec une autre, mais plutôt sur des relations de coopération reconnaissant les États-Unis d’Amérique en tant qu’État et sur la protection de son intégrité territoriale ».

L’un des fondements des relations maroco-américaines est que le Royaume a interdit le parti unique dans sa première Constitution adoptée et a choisi de s’éloigner du capitalisme d’État en soumettant son système au libéralisme économique, a-t-il poursuivi, ajoutant que cette tendance n’était pas temporaire ou circonstancielle.

M. El Houssaini a indiqué, à cet égard, que l’actuel président américain Joe Biden avait salué la reconnaissance par le Maroc de son pays, lors d’une visite dans le Royaume en 2014, notant que la même chose s’est répétée avec l’ex-président Donald Trump dans le décret reconnaissant la marocanité du Sahara marocain.

Quelle que soit la différence des moyens de travail entre les partis démocrate et républicain, l’essentiel demeure constant, à savoir « la protection des intérêts américains en premier lieu », a-t-il affirmé.

Après avoir déclaré que la décision des États-Unis de reconnaître la marocanité du Sahara n’est pas en contradiction avec la Charte des Nations Unies ni avec le traitement du dossier par le Conseil de sécurité et le Secrétaire général, le professeur de droit international a souligné que le Conseil de sécurité considère, depuis 2007, la proposition marocaine d’autonomie dans les provinces du Sud du Royaume comme une solution sérieuse, crédible et réaliste et appelle dans ses décisions à une solution politique basée sur les négociations tout comme il réfute la question du référendum qui a été abandonnée.

M. El Houssaini estime que la décision américaine vient consacrer la nouvelle dynamique du Conseil de sécurité dans son approche du conflit, soulignant qu’elle « constitue un tournant fondamental dans la résolution de ce dossier pour mettre fin à ce conflit qui dure depuis plus de quatre décennies ».

Sur le plan des relations stratégiques entre le Maroc et les États-Unis, les deux pays partagent un intérêt commun qui s’illustre pour le Maroc dans le contrôle de l’équilibre des forces au niveau régional, et pour les États-Unis de disposer d’un allié stratégique dans cette région du monde, a-t-il soutenu, évoquant, dans ce sens, l’importance de la coopération militaire et sécuritaire entre les deux pays, notamment dans les circonstances actuelles, une coopération qui, selon lui, « s’impose car la communauté internationale pourrait revenir à la guerre froide eu égard à un affrontement potentiel opposant le monde libéral occidental à la Chine et la Russie ».

Et d’ajouter qu’au registre économique, le Maroc est un partenaire sérieux des États-Unis dans le domaine des investissements et des relations économiques de par sa situation privilégiée sur les rives de la Méditerranée et de l’Atlantique, et sa stabilité politique et sociale en comparaison avec le reste des pays de la région, en sus de sa proximité avec les marchés.

Les attributs dont dispose le Royaume font de lui la porte d’entrée au continent africain et le positionne en tête des investisseurs des pays d’Afrique de l’Ouest, et deuxième sur l’ensemble du continent après l’Afrique du Sud, a conclu M. El Houssaini.

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