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Génocide contre les Tutsis: Commémoration au Rwanda et dans le monde

Le Rwanda et le monde entier ont commémoré le mercredi 7 avril 2021, le 27e anniversaire du génocide commis contre les Tutsis en 1994, dont plus d’un million ont été massacrés en l’espace de 100 jours.

Le 7 avril 1994, le gouvernement génocidaire au Rwanda a commencé à mettre en œuvre le plan de génocide longtemps préparé pour exterminer les Tutsis, en les massacrant par les milices Interahamwe (des milices rwandaises créées dès 1992 par le parti politique du pouvoir) et forces gouvernementales sur une période de seulement 100 jours, selon un communiqué de l’ambassade du Rwanda au Maroc.

L’objectif commun était l’élimination totale des Tutsis à travers le pays avec une forte participation de citoyens ordinaires tuant leurs concitoyens sous l’incitation et l’appui logistique de hauts fonctionnaires du gouvernement central et des dirigeants locaux. Toutefois, il est important de retenir que le génocide a été arrêté par les Rwandais de l’ex-Armée patriotique rwandais (APR), des forces qui ont sauvé des milliers de Tutsis.

Le génocide perpétré contre les Tutsis en 1994 a également eu des répercussions hors des frontières du Rwanda, avec des centaines de milliers de civils qui ont été contraints par des génocidaires de quitter le Rwanda pour l’ex-Zaïre afin de servir de bouclier humain.

Depuis, les camps de réfugiés, supervisés par les ex-FAR (Forces armées rwandaises) et les miliciens Interahamwe se sont militarisés et ont servi de bases arrière pour plusieurs incursions contre le Rwanda.

Le génocide perpétré contre les Tutsis au Rwanda en 1994 a été reconnu par la communauté internationale. Ainsi, divers rapports internationaux, à partir de 1994, ont ouvert la voie à la reconnaissance de ce génocide au niveau international.

Le 8 novembre 1994, le Conseil de Sécurité de l’ONU a adopté la résolution numéro 955 qui a créé le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

Le 23 décembre 2003, l’Assemblée générale des Nations Unies a reconnu les atrocités commises au Rwanda en proclamant le 7 avril comme « Journée internationale de réflexion sur le génocide contre les Tutsis au Rwanda ».

Le 21 avril 2020, l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté à l’unanimité la Résolution / A / RES / 74/273 sur la « Journée internationale de réflexion sur le génocide de 1994 contre les Tutsis au Rwanda ».

II est très important de lutter contre l’impunité, d’arrêter et de poursuivre les fugitifs du génocide, d’autant qu’après avoir admis que le génocide avait eu lieu, une campagne a été menée sous les auspices de l’ONU ainsi que les missions diplomatiques accréditées au Rwanda pour mettre en place un tribunal international.

Sans ce tribunal, il y aurait pu y avoir des conséquences plus graves menant à la répétition d’un événement atroce similaire pour venger les morts.

Certains pays, à l’instar de la France, ont même institué la date du 7 avril comme jour de commémoration annuelle du génocide perpétré contre les Tutsis, indique le communiqué.

Dans ce sens, tous les États doivent lutter contre le déni et le négationnisme, car depuis la fin du génocide en 1994, les négationnistes n’ont cessé de répandre des théories variant de la négation directe du génocide à la théorie du double génocide.

D’autant que les négationnistes du génocide partagent une tendance à disculper les auteurs et à blâmer les autres, y compris les victimes et les personnes qui ont arrêté le génocide.

La résolution 2150 (2014) des Nations Unies (sur les menaces à la paix et à la sécurité internationale) demande aux États de s’engager de nouveau à prévenir et à lutter contre le génocide et autres crimes graves sous le droit international, notamment le déni du génocide par des individus (universitaires, chercheurs, avocats, politiciens). Les organisations non gouvernementales s’attèlent de leur côté au développement des théories sur le déni.

Il est nécessaire pour les États d’adopter des lois sanctionnant la négation du génocide contre les Tutsis au Rwanda, conformément à cette résolution qui réaffirme sa ferme opposition à l’impunité pour les violations graves de la loi internationale des droits humanitaires et la loi sur les droits de l’homme et souligne l’importance de prendre en compte les leçons appris du génocide contre les Tutsis en 1994 au Rwanda.

L’adoption de loi punissant le négationnisme doit être une priorité poursuivie par les États.

Ce 27e anniversaire a été marqué par des activités de commémoration tenues différemment compte tenu de la situation actuelle marquée par la pandémie de la Covid-19.

S’agissant de la reconstruction du Rwanda après le génocide, le Président Paul Kagame, le gouvernement et le peuple rwandais ont choisi d’œuvrer pour l’unité du peuple rwandais, les dispositifs de la réconciliation et du vivre ensemble.

Ainsi, depuis 2017, l’espérance de vie des Rwandais est passée de 49 à 67 ans et le pays est proche d’atteindre l’objectif d’éducation primaire universelle, alors que le taux de pauvreté a baissé plus de cinq points entre 2011 et 2014 et que le revenu moyen par habitant à plus que quadruplé, passant de 150 USD en 1994 à 700 USD en 2018. Tout cela, avec un coefficient de Gini (mesure des inégalités) qui demeure stable.

De plus, les travaux communautaires Umuganda réunissent tous les citoyens pour participer ensemble à la construction nationale et renforcer leur unité.

Au-delà de cette dynamique de développement remarquable, le Rwanda est devenu un exemple économique à suivre pour de nombreux pays du continent africain, incarné par sa capitale Kigali, selon la même source.

Le PIB a été multiplié par six en 20 ans, avec un taux de croissance supérieur à 7 % chaque année, alors que la Banque mondiale classe le Rwanda au 29e rang sur 190 pour l’attractivité des affaires, ce qui en fait le deuxième pays africain du classement.

Transparency international le compte, pour sa part, parmi les pays les moins corrompus du continent, en plus d’être champion mondial de la parité parlementaire, avec 61.3 % de sièges occupés par des femmes.

Sur le volet environnemental, le pays est en avance sur son temps grâce à sa résolution d’interdire les sacs plastiques sur tout le territoire depuis 2004.

En matière de sécurité, le Rwanda se distingue en tant que contributeur majeur de troupes au maintien de la paix. En juin 2020, il fait partie des trois principaux pays contributeurs dans le monde, avec plus de 6.000 personnels en uniforme déployés dans les opérations de paix (OP), soit le second contributeur du continent africain.

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