Environnement

Appel de l’ONU pour lutter contre la dégradation des terres

Le Président de l’Assemblée générale des Nations Unies, Volkan Bozkir, a plaidé lundi pour une coopération internationale accrue afin de lutter contre la dégradation des terres qui menace les moyens de subsistance et la sécurité de trois milliards de personnes, selon le site de l’ONU.

« J’ai convoqué ce dialogue aujourd’hui pour galvaniser la coopération internationale afin d’éviter une nouvelle dégradation et de faire revivre les terres dégradées », a dit M. Bozkir à l’ouverture d’un dialogue de haut niveau sur la désertification, la dégradation des terres et la sécheresse.

M. Bozkir a souligné qu’aujourd’hui, la moitié de toutes les terres agricoles sont dégradées. La perte de terres saines entraîne l’extinction et intensifie le changement climatique, car les terres saines sont le plus grand puits de carbone au monde. Sans changement de cap, cela ne fera qu’empirer. D’ici 2050, les rendements mondiaux des cultures devraient chuter de 10%, et dans certains cas la réduction pourrait atteindre jusqu’à 50%. Cela entraînera une forte augmentation de 30% des prix alimentaires mondiaux.

Alors que plus de la moitié du PIB mondial dépend des ressources terrestres, des millions d’agriculteurs risquent de sombrer dans la pauvreté si davantage de terres arables sont perdues. Cela pourrait entraîner le déplacement de 135 millions de personnes d’ici 2045 et augmenter le risque d’instabilité et de tension.

Face à ce défi, le Président de l’Assemblée générale encourage les pays à adopter et mettre en œuvre des objectifs de neutralité en matière de dégradation des terres, qui ravivent les terres grâce à des stratégies de gestion durable des sols et de l’eau, et restaurent la biodiversité et les fonctions des écosystèmes. À ce jour, 125 États membres ont adopté de telles stratégies. « J’appelle tous les États membres à le faire et à être ambitieux ; les objectifs peuvent toujours être améliorés », a-t-il dit, cité par « ONU-Info ».

Comment lutter contre la désertification ?

Selon M. Bozkir, il faut aussi appliquer les leçons apprises au cours de la Décennie de la lutte contre la désertification. « La restauration des terres doit être au cœur des processus internationaux existants, tels que les contributions déterminées au niveau national pour lutter contre le changement climatique, le cadre mondial pour la biodiversité post-2020 et les plans de relance post-Covid », a-t-il ajouté.

Et d’appeler également à lutter contre l’agriculture non durable qui constitue, « l’un des principaux moteurs de la désertification, de la dégradation des terres et de la sécheresse ». Selon lui, assurer la sécurité alimentaire de 9,7 milliards de personnes d’ici 2050, tout en atteignant les autres objectifs de l’Accord de Paris sur le climat, « ne sera possible que si nous intensifions la restauration et la régénération des terres pour transformer nos systèmes alimentaires ».

Le Président de l’Assemblée générale a aussi plaidé pour une plus grande synergie entre la paix, le développement et les actions humanitaires et pour une réorientation des priorités en matière de dépenses.

Actuellement, les forêts et l’agriculture reçoivent moins de 3% du financement climatique mais détiennent plus de 30% de la solution à la crise climatique. « Pour environ 2.700 milliards de dollars par an, nous pourrions transformer les économies mondiales en restaurant les écosystèmes naturels, en récompensant l’agriculture qui maintient les sols en bonne santé et en encourageant des modèles commerciaux qui donnent la priorité aux produits et services renouvelables, recyclables ou biodégradables », a-t-il encore dit, notant que d’ici une décennie, l’économie mondiale pourrait créer 395 millions de nouveaux emplois et générer plus de 10.000 milliards de dollars.

Il a, enfin, appelé à renforcer les droits fonciers et les capacités financières et techniques des travailleurs agricoles. Un tiers de tous les travailleurs -plus d’un milliard de personnes- exercent dans le secteur agricole, selon la même source qui indique, cependant, que la plupart n’ont pas de droits sur les terres qu’ils travaillent : actuellement, plus de 70% des terres agricoles du monde sont contrôlées par 1% des exploitations, principalement de grandes entreprises agroalimentaires.

« Lorsque nous permettons aux travailleurs d’investir dans leur terre, nous soutenons la productivité agricole », a conclu M. Bozkir.

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