Environnement

Coopération transfrontalière: la Guinée-Bissau adhère à la Convention sur l’eau

La Guinée-Bissau est devenue le 16 juin 2021 le quatrième pays africain à adhérer à la Convention sur la protection et l’utilisation des cours d’eau transfrontières et des lacs internationaux, renforçant ainsi la coopération transfrontalière sur les eaux partagées, s’est félicitée, mardi 22 juin, la Commission économique des Nations Unies pour l’Europe (CEE-ONU), qui assure le secrétariat de cette convention.

Les ressources en eau de la Guinée-Bissau sont constituées des eaux de surface du fleuve Geba-Kayenga (partagé avec le Sénégal) et du Koliba Corubal (partagé avec la Guinée) et de ses affluents, ainsi que de multiples aquifères situés à différentes profondeurs dans tout le pays.

Ces deux fleuves sont les seuls à fournir de l’eau douce de surface ; leur gestion constitue donc un défi pour l’agriculture et l’utilisation de l’eau à des fins domestiques du pays, note la CEE-ONU dans un communiqué de presse, cité, mardi, sur « ONU-Info ».

La principale eau souterraine partagée est le bassin aquifère sénégalo-mauritanien qui est le plus grand bassin de la marge atlantique de l’Afrique du Nord-Ouest. Cette nappe phréatique constitue une ressource stratégique pour les quatre États de l’aquifère, respectivement la Gambie, la Guinée-Bissau, la Mauritanie et le Sénégal, dont les populations -qui comptent plus de 24 millions de personnes au total- en dépendent dans une large mesure pour leur accès à l’eau potable et pour divers autres usages, indique le site de l’ONU, relevant, cependant, que les États sont confrontés à plusieurs défis tels que les risques associés à la salinisation, les diverses sources de pollution ou l’impact du changement climatique sur la variabilité des précipitations nécessaires à la recharge des eaux souterraines.

Pour une gestion durable de l’eau dans la région

Soucieux de l’importance d’instaurer un cadre de concertation sur le bassin aquifère sénégalo-mauritanien (BASM), les pays du bassin, dont la Guinée-Bissau, ont entamé un dialogue régional afin d’établir une coopération transfrontalière pour une gestion durable concertée du BASM.

Cette initiative est soutenue par le secrétariat de la Convention sur l’eau (CEE-ONU), le Geneva Water Hub et le Centre d’évaluation des ressources en eaux souterraines de l’UNESCO (IGRAC), avec le soutien financier de la Direction suisse de la coopération et de l’Union européenne. 

« L’adhésion à la Convention sur l’eau offre à la Guinée-Bissau des opportunités tant en termes de renforcement de la gouvernance au niveau national que de coopération transfrontalière », a déclaré le ministre d’Etat des Ressources naturelles et de l’énergie de la Guinée-Bissau, Orlando Mendes Viegas.

La Secrétaire exécutive de la CEE-ONU, Olga Algayerova, qui, de son côté, « félicite la Guinée-Bissau pour son adhésion », souligne que cette adhésion « montre à quel point la coopération en matière d’eau transfrontalière est cruciale pour la paix, la sécurité et le développement durable ».

Vers davantage d’adhésion à la Convention sur l’eau

Un nombre croissant de pays se saisissent des cadres institutionnels et juridiques des conventions mondiales sur l’eau pour faciliter les efforts de coopération sur les ressources en eau partagées, fait-t-on observer.

L’adhésion de la Guinée-Bissau à la Convention sur l’eau suit celle du Ghana en 2020, du Tchad et du Sénégal en 2018, qui sont devenus les premiers pays en dehors de la région paneuropéenne à y adhérer, indique la même source, ajoutant que la Gambie et la Mauritanie, avec lesquelles la Guinée-Bissau partage ses bassins, ont également manifesté leur intérêt pour l’adhésion à la Convention, tandis que de nombreux autres pays africains font partie de la vingtaine de pays dans le monde qui prennent des mesures en vue de leur adhésion.

L’adhésion de la Guinée Bissau à la Convention sur l’eau, qui entrera en vigueur dans les 90 prochains jours (12 septembre 2021), a été soutenue par le secrétariat de la Convention sur l’eau avec l’appui de l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Gambie. Les processus d’adhésion sont aussi soutenus par plusieurs autres partenaires régionaux tels la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA) et la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), ce qui montre le rôle important joué par les organisations régionales dans la promotion des Conventions mondiales sur l’eau, a-t-on conclu.

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