Santé

Intelligence artificielle/Santé: les opportunités et les défis

L’intelligence artificielle (IA) recèle un énorme potentiel pour améliorer la santé de millions de personnes dans le monde si l’éthique et les droits de l’homme sont au cœur de sa conception, de son déploiement et de son utilisation, a indiqué dans un nouveau rapport l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).

« Comme toute nouvelle technologie, l’intelligence artificielle peut aussi en être fait mauvais usage et elle peut entraîner des effets préjudiciables », a indiqué le Directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, cité mardi sur le site de l’ONU.

Pour réglementer et gouverner l’intelligence artificielle, l’OMS a publié de nouvelles orientations qui proposent six principes pour limiter les risques et maximiser les opportunités intrinsèques à l’IA pour la santé.

Le rapport de l’OMS, intitulé Éthique et gouvernance de l’intelligence artificielle pour la santé, souligne que l’IA peut être utilisée, et l’est déjà dans certains pays riches, pour améliorer la rapidité et la précision du diagnostic et du dépistage des maladies, pour faciliter les soins cliniques, pour renforcer la recherche en santé et la mise au point de médicaments, et pour soutenir diverses interventions de santé publique, comme la surveillance des maladies, la riposte aux flambées épidémiques et la gestion des systèmes de santé.

L’intelligence artificielle pourrait également permettre aux patients de mieux contrôler leurs propres soins de santé et de mieux comprendre l’évolution de leurs besoins. Elle pourrait faciliter l’accès aux services de santé dans les pays disposant de peu de ressources et dans les communautés rurales, où les patients peinent souvent à accéder aux agents de santé ou au personnel médical.

Risque d’utilisation non éthiques des données de santé

Toutefois, le rapport met en garde contre une surestimation de ses avantages pour la santé, notamment au détriment des investissements et des stratégies de base nécessaires pour parvenir à une couverture sanitaire universelle, rapporte « ONU-Info ».

Ce nouveau rapport souligne particulièrement que les opportunités sont liées à des défis et à des risques et met en garde contre la collecte et l’utilisation non éthiques des données de santé, les biais encodés dans les algorithmes et les risques pour la sécurité des patients, la cybersécurité et l’environnement.

En outre, elle avertit que les systèmes formés principalement à partir de données recueillies auprès d’individus dans les pays à revenu élevé risquent de ne pas être performants pour les individus dans les milieux à revenu faible ou intermédiaire.

Pour que le potentiel de l’IA soit au service du bien de tous

Dans ce contexte, l’OMS soutient que les systèmes d’IA doivent être soigneusement conçus pour refléter la diversité des contextes socio-économiques et sanitaires et être accompagnés d’une formation aux compétences numériques, d’un engagement communautaire et d’une sensibilisation.

Cela est particulièrement important pour les travailleurs de la santé qui ont besoin d’une formation ou d’un recyclage numérique pour faire face à des machines qui pourraient remettre en question la prise de décision et l’autonomie des prestataires et des patients.

Le rapport fait part, selon la même source, de six principes qui ont été développés par l’OMS à même de guider les travaux futurs de l’agence de la santé en vue de garantir que le plein potentiel de l’IA en matière de soins de santé et de santé publique soit mis au service du bien de tous.

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