Point de vue

Maroc-Espagne : Pour un nouveau départ… plus prometteur

Après la nomination d’un nouveau ministre des Affaires étrangères, l’Espagne envisage de nommer un nouvel ambassadeur à Rabat, si l’on se réfère à l’information rapportée, le 3 septembre, par le site espagnol « okdiario.com ». Ainsi, la diplomatie s’active pour surmonter la crise entre les deux pays, et vue la spécificité des relations bilatérales, le Roi du Maroc a, à ce sujet, suivi « personnellement et directement » le processus de dialogue ainsi que l’évolution des discussions.

Par : El Mostafa NAZIH

Force est de noter que la dernière crise, liée à l’affaire « Benbattouch », ayant surgi entre le Maroc et l’Espagne, a marqué un temps d’arrêt qui semble était l’occasion pour rappeler des faits et évaluer des positions en vue d’un nouveau départ sur de bonnes bases nécessaires, s’agissant de deux partenaires traditionnels et voisins que seuls moins de 15 Km séparent, par le détroit de Gibraltar.

Comme c’était le cas en décembre 2002 lorsque le Roi Mohammed VI avait autorisé les pêcheurs espagnols, victimes de la marée noire des côtes de Galice, à opérer dans les eaux marocaines, le Souverain marocain a de nouveau tendu la main, au mois d’août dernier, au voisin ibérique pour continuer à œuvrer ensemble afin d’inaugurer « une étape inédite » dans les relations entre les deux pays voisins, comme Il l’a souligné dans le discours du 68ème anniversaire de la Révolution du Roi et du Peuple.

Cette fois-ci le Roi Mohammed VI a annoncé l’ouverture d’une nouvelle étape dans les relations avec l’Espagne, qui devront reposer sur « la confiance, la transparence, la considération mutuelle et le respect des engagements ». C’est clair, si l’on veut réussir ensemble.

Flashback

L’on se rappelle qu’en pleine crise de l’îlot Leila (appelé « Persil » par les Espagnols), ayant surgi en juillet 2002, le « Prestige » a fait naufrage quelques mois après : c’est un pétrolier qui a sombré en novembre 2002 avec plus de 70 000 tonnes de fioul au large du cap Finisterre et près des côtes de Galice au Nord-Ouest de l’Espagne, causant des dégâts énormes au niveau de ces côtes et a porté préjudice surtout aux pêcheurs, mareyeurs et cueilleurs galiciens. En touchant 400 km de côtes, dont 75 km de plages, et plusieurs parcs ou réserves naturelles qui étaient souillés, ce naufrage a été qualifié par les médias, à l’époque, de catastrophe au bilan lourd immobilisant 2500 bateaux, envoyant 6 000 pêcheurs au chômage technique, interdisant à 800 éleveurs de fruits de mer toute récolte pour raison sanitaire et mettant l’activité quotidienne de milliers d’autres en sursis.

Dans ces circonstances, le Souverain marocain avait tendu la main à l’Espagne par un geste fort de solidarité et de générosité envers les pêcheurs espagnols victimes de cette pollution en les autorisant, en décembre 2002, à opérer dans les eaux marocaines.

L’histoire se répète

Le 20 août dernier, dans le discours adressé à la Nation à l’occasion de l’anniversaire de la Révolution du Roi et du peuple, le Souverain a, une nouvelle fois, affirmé que le Maroc souhaite, « avec un optimisme sincère », continuer à œuvrer avec le gouvernement espagnol afin d’inaugurer « une étape inédite » dans les relations entre les deux pays voisins.

Le Roi Mohammed VI a, à ce propos, tenu à préciser que ces relations devront reposer sur la confiance, la transparence, la considération mutuelle et le respect des engagements.

Le Maroc s’attache à fonder des relations solides, constructives et équilibrées, notamment avec les pays voisins, a souligné le Souverain, ajoutant que c’est cette même logique qui commande les choix du Royaume dans la relation que « nous entretenons actuellement avec notre voisin l’Espagne ».

Et de souligner encore que le Maroc tient à cœur de renforcer les fondements classiques qui sous-tendent ses relations avec l’Espagne, à la faveur d’une compréhension conjointe des intérêts des deux pays voisins. « D’ailleurs, J’ai suivi personnellement et directement le processus de dialogue ainsi que l’évolution des discussions », a précisé le Souverain marocain.

L’interaction

Aux propos du discours Royal, le président du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, qui a, dans la même veine, vite réagi en exprimant sa gratitude au Roi du Maroc, a également fait savoir que « le Maroc est un pays allié stratégique, tant pour l’Espagne que pour l’Union européenne ».

« Nous sommes des alliés, des voisins et des frères, et par conséquent, nous nous félicitons de ces mots car, basés sur la confiance, le respect et la collaboration présente et future, nous pouvons construire une relation sur des bases beaucoup plus solides que celles que nous avons eues jusqu’à présent », a-t-il déclaré, soutenant que « des opportunités découlent également de chaque crise, et je pense que c’est une excellente occasion de redéfinir ces relations, les piliers sur lesquels elles reposent ».

Voilà qui est dit ! Eu égard à l’interaction il y a lieu de s’assurer, d’ores et déjà, d’une reprise plus prometteuse des relations bilatérales. D’ailleurs, la nomination d’un nouveau patron de la diplomatie par Pedro Sánchez, en l’occurrence José Manuel Albares, constitue -sans équivoque- un signe qui s’inscrit en droite ligne du nouvel esprit.

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