Société

Mariage des mineures : L’adoption du Code de la famille, un tournant historique par excellence

L’adoption du Code de la famille a constitué un tournant historique par excellence et une douce révolution sociale, plébiscitée par les différentes sensibilités de la société, a affirmé, lundi à Marrakech, le Procureur général du Roi près la Cour de Cassation, président du ministère public, M. El Hassan Daki.

Dans son allocution à l’ouverture d’une rencontre de communication dédiée à la présentation des conclusions d’une étude-diagnostic sur le mariage des mineures, M. Daki a expliqué que ce code est venu renforcer les fondements de l’édification du projet sociétal, impulsé sous la conduite sage et clairvoyante de SM le Roi Mohammed VI.

Et de poursuivre que l’adoption de ce Code s’inscrit également dans le cadre de l’intérêt particulier accordé par le Souverain aux questions de la famille, en général, et à la promotion de la condition de la femme et de l’enfant en particulier, ce qui s’est traduit, a-t-il noté, par de nombreuses réformes structurelles, institutionnelles et législatives visant à permettre à la famille d’occuper la place qui lui échoit au sein de la société, et de la placer au cœur du développement socioéconomique et politique, comme en témoigne la place que lui réserve le Nouveau Modèle de Développement, lancé par SM le Roi.

M. Daki a aussi mis en avant l’engagement continu de la Présidence du ministère public à poursuivre ses efforts visant à faire face au mariage des mineures, en s’ouvrant davantage sur les parties concernées, relevant, dans ce sens, la signature d’une convention-cadre de partenariat et de coopération avec le département de l’Education nationale et ce, dans le cadre de la mise œuvre des engagements communs contenus dans la Déclaration de Marrakech 2020, lancée sous la présidence effective de Son Altesse Royale la Princesse Lalla Meryem.

Parmi les principaux objectifs de cette convention, M. Daki a cité la garantie de la poursuite des études pour les filles jusqu’à la fin de l’enseignement obligatoire et ce, partant de la conviction réaliste que la déperdition scolaire constitue une source du mariage précoce, tout en soulignant que ces efforts se sont avérés payants, efficaces et efficients lors de la phase d’évaluation, en permettant de récupérer près de 2.000 filles qui avaient abandonné l’école dans la région de Marrakech-Safi uniquement.

Et d’enchaîner que dans le cadre de la continuité de ses efforts inlassables déployés dans les domaines d’encadrement, de formation et de renforcement des capacités, ainsi que de sa vision stratégique et inclusive pour la protection de la famille, en général, et de l’enfance, en particulier, le Ministère Public a œuvré pour la réalisation d’une étude-diagnostic sur le mariage des mineures.

Cette étude incarne une plateforme importante, basée sur des données scientifiques précises, collectées sur la base de la pratique effective sur des affaires de mariage des mineures, traitées dans les tribunaux, a-t-il fait observer.

M. Daki a, dans la foulée, fait savoir que cette étude fait ressortir que les milieux sociaux souffrant de précarité sont les plus productifs des cas de mariage des mineures, relevant l’influence des coutumes, des traditions et de l’interprétation erronée de la religion, qui sont également parmi les principaux facteurs à l’origine du choix du mariage précoce.

Les résultats de cette étude font ainsi la lumière sur les différents facteurs qui sont à l’origine du nombre élevé des mariages des mineures au sein de la société, a souligné M. Daki, avant de noter que ces conclusions ont permis de suggérer une feuille de route qui, d’une part, trace la voie de l’action judiciaire dans l’avenir, et de l’action participative des différents intervenants, d’autre part.

De son côté, la représentante du Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF) au Maroc, Mme Nassim Aoul, a salué l’engagement du Royaume dans la lutte contre le mariage des enfants, soulignant que grâce au leadership de Son Altesse Royale la Princesse Lalla Meryem, qui était derrière la publication de la Déclaration de Marrakech en mars 2020, toutes les conditions sont désormais réunies pour atténuer ce phénomène qui menace cette catégorie.

Elle a, d’autre part, qualifié la présentation des conclusions de cette étude de moment important dans le processus de mise en œuvre de la Déclaration de Marrakech, notamment en oeuvrant à adopter une stratégie nationale intégrée.

Cette rencontre de deux jours, qui s’inscrit dans le cadre des efforts du ministère public pour la lutte contre le mariage des enfants, en coopération avec l’UNICEF, et de la mise en oeuvre de la stratégie du ministère public pour le renforcement de la protection des droits des femmes et des enfants, coïncide avec les Journées internationales de lutte contre la violence contre les femmes et les filles, qui interviennent dans le sillage de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, (25 novembre).

Prennent part à cette rencontre, des représentants des départements concernés ainsi que des juges relevant du ministère public, chargés des affaires du mariage, qui débattront notamment des conclusions de cette étude. (Avec MAP)

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