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Entre Israéliens et Palestiniens : De l’essentiel dans l’immédiat à l’inévitable solution

Par : El Mostafa Nazih

Bien qu’au Sommet du Caire pour la Paix en Palestine il n’y avait pas de communiqué final sauf celui du pays hôte l’Egypte, les points de la discussion étaient essentiels et le fait de les évoquer à l’occasion était déjà édifiant.

Il était question, lors de ce Sommet qui s’est déroulé samedi 21 octobre 2023 avec la participation de plus de 30 pays, dont le Maroc, et de l’ONU, d’un effort conjoint visant à réduire l’escalade à Gaza, à protéger les civils, à ouvrir des couloirs de sécurité et à permettre l’entrée de l’aide humanitaire. Dans l’immédiat, c’est déjà l’essentiel, mais en définitive, il s’agirait d’arriver à la réalisation de la paix et la stabilité, ainsi que la prospérité et le progrès pour tous les peuples. Et c’est ce qu’a souligné le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita, dans l’allocution qu’il a prononcée à l’occasion du Sommet.

Le ministre, qui a représenté Sa Majesté le Roi Mohammed VI à ce Sommet, a également souligné la disposition du Royaume du Maroc, en coordination avec tous les partenaires, à s’engager dans une mobilisation internationale pour mettre fin à la situation tragique et dangereuse à Gaza. Le Royaume, sous la conduite de Sa Majesté le Roi, Président du Comité Al Qods, souhaite que ce sommet émette cinq messages principaux à l’adresse de la communauté internationale, a indiqué M. Bourita, ajoutant que le premier message est un appel à réduire l’escalade, à cesser l’effusion de sang et les agressions militaires, et à épargner à la région les affres d’un conflit qui risque d’anéantir ce qui reste des chances de la paix et de la stabilité.

Le deuxième message, a poursuivi M. Bourita, porte sur le besoin pressant de protéger les civils et de ne pas les prendre pour cible, conformément aux principes du Droit international, du Droit international humanitaire et des valeurs humaines communes, tandis que le troisième concerne l’obligation de permettre l’acheminement des aides humanitaires, de façon rapide et fluide, et en quantité suffisante au profit des habitants de la bande de Gaza.

Le quatrième message, a-t-il précisé, a trait au rejet de toutes les solutions et idées visant à déplacer ou à déporter les Palestiniens de leur territoire et à mettre en danger la sécurité des pays voisins. Et le cinquième message, a conclu le ministre, se rapporte à l’impératif de lancer un véritable processus de paix qui mène à la solution à deux États, un État palestinien dans les frontières du 4 juin 1967, avec Al Qods-Est comme capitale, vivant côte à côte avec l’État d’Israël.

En effet, la solution à deux États constitue le seul fondement réaliste d’une paix et d’une stabilité véritables au Moyen-Orient, comme l’a encore réitéré, de son côté, le Secrétaire Général des Nations unies, António Guterres, dans un discours lors de ce Sommet de la Paix.

Aujourd’hui, il est plus nécessaire que jamais de déployer d’énormes efforts pour instaurer la paix dans la région et mettre fin à l’effusion de sang, a indiqué M. Guterres, notant que la solution à deux Etats est le moyen pour atteindre cet objectif. Et le chef de l’ONU d’insister qu’« Il est du droit des Israéliens de voir leurs besoins légitimes de sécurité se réaliser, de même pour les Palestiniens qui ont le droit de voir se concrétiser leurs aspirations légitimes à un État indépendant, conformément aux résolutions des Nations Unies, au droit international et aux conventions y afférentes ».

M. Guterres a notamment appelé, à ce propos, au respect du droit international humanitaire, dont les Conventions de Genève, consistant à protéger les civils, et à ne pas prendre pour cibles les hôpitaux, les écoles et les locaux des Nations Unies qui abritent actuellement un demi-million de personnes à Gaza. Il a aussi insisté que les objectifs à court terme doivent être clairs, et a réitéré son appel à une aide humanitaire immédiate, continue et sans restriction en faveur des civils bloqués à Gaza, à la libération immédiate et inconditionnelle de tous les otages et au déploiement d’efforts immédiats et sincères pour mettre un terme aux violences.

Ces appels insistants, lors de ce Sommet, étaient nécessaires dans l’espoir de lever le blocus de la bande de Gaza dont la population est considérée comme vivant dans une prison à ciel ouvert et la population de la Cisjordanie sous occupation. Les travaux du Sommet ont, cependant, buté sur des différences manifestes entre les points de vues des pays arabes et occidentaux, ce qui a empêché la publication d’un communiqué final. Une situation qui renvoie, encore une fois, à l’évidente et inévitable solution, reconnue par la communauté internationale, avec le retour aux origines du conflit israélo-palestinien et la nécessité d’application des résolutions du Conseil de Sécurité de l’ONU.

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