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Maroc : Interpol organise un atelier sur ‘’Les femmes au cœur de la lutte antiterroriste’’

Les travaux de l’atelier régional sur « Les femmes au cœur de la lutte antiterroriste » ont débuté, mercredi à Tanger, à l’initiative de l’Organisation internationale de police criminelle (Interpol) et de la Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN).

Cet atelier, qui s’étale sur trois jours, réunit des experts et spécialistes du service de lutte antiterroriste d’Interpol et de la Direction exécutive du Comité contre le terrorisme des Nations Unies, ainsi que des femmes policières venues du Maroc, de Tunisie, de Jordanie, du Liban et d’Irak. Y prennent également part des représentants de la Présidence du Ministère public, de l’Autorité nationale du renseignement financier (ANRF) et de l’Observatoire marocain sur l’extrémisme et la violence.

Il vise à examiner les moyens de renforcer le rôle des femmes policières face aux défis émergents du terrorisme en Afrique du Nord et au Moyen-Orient, ainsi qu’à accroître les capacités de toutes les parties prenantes à la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme religieux.

Dans une allocution à cette occasion, le Directeur central de la police judiciaire à la DGSN et vice-président d’Interpol pour l’Afrique, Mohamed Dkhissi, a souligné que la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent ne se limite plus à une approche purement sécuritaire, mais s’inscrit désormais dans un dispositif intégré de prévention et de lutte sur les plans intellectuel et sociétal, où les femmes occupent une place centrale.

Il a affirmé que « l’intégration de la perspective de genre dans les stratégies de lutte antiterroriste ne constitue pas une simple mesure symbolique, mais une nécessité pour garantir l’efficacité et la pérennité de ces stratégies ».

Dans ce contexte, M. Dkhissi a expliqué que la femme, en tant que mère, épouse et sœur, constitue le premier rempart pour déceler les signes avant-coureurs de la radicalisation et les changements de comportement chez les jeunes, soulignant qu’elle joue également un rôle crucial dans la construction sociétale et intellectuelle et dans la lutte contre le discours extrémiste, notamment en tant qu’enseignante, encadrante ou Morchidate.

A cela s’ajoute son rôle dans l’élaboration des politiques de sécurité, conformément à l’agenda « Femmes, paix et sécurité » et ce, en application des résolutions onusiennes 1325 (2000) et 2242 (2015), qui appellent les États membres à garantir la participation des femmes à l’élaboration et à la mise en œuvre de stratégies de lutte contre le terrorisme et de prévention de l’extrémisme violent.

Sur le plan national, M. Dkhissi a souligné que l’intégration des femmes dans la lutte contre ce fléau figure parmi les objectifs de la stratégie marocaine en la matière, relevant que, depuis l’accession de Sa Majesté le Roi Mohammed VI au Trône de Ses glorieux ancêtres, la femme marocaine joue un rôle de premier plan dans divers domaines, y compris celui de la sécurité.

Il a, à cet égard, mis en avant sa contribution au développement du dispositif sécuritaire du Royaume, à travers notamment une présence active sur le terrain et une participation aux opérations menées par les différents services de sécurité.

M. Dkhissi a ajouté que la contribution des femmes policières s’articule autour de plusieurs axes, tels que le renseignement et l’analyse criminelle, les opérations de terrain et les interventions, les enquêtes et investigations judiciaires, ainsi que la prévention et la lutte contre la radicalisation, tout en passant en revue les efforts déployés pour ancrer l’approche genre au sein du système de sécurité du Royaume.

Il a, par ailleurs, rappelé la reconnaissance internationale dont a bénéficié l’approche marocaine de lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent, une approche façonnée par les Hautes Orientations Royales et présentée par le Comité contre le terrorisme du Conseil de sécurité de l’ONU comme une bonne pratique dont les États peuvent s’inspirer, réaffirmant l’engagement du Royaume à poursuivre sa contribution constructive aux efforts internationaux de lutte contre ces fléaux.

De son côté, Carmen Munoz Gonzalez, Directrice de la lutte contre le terrorisme au Secrétariat général d’Interpol, a souligné, dans une déclaration à la presse, que cet atelier vise à renforcer la place des femmes dans la lutte antiterroriste, insistant sur la nécessité de « garantir la diversité de genre au sein des équipes de travail, car elle génère un effet multiplicateur et produit de meilleurs résultats ».

Elle a, à cet égard, salué le rôle du Maroc, considéré comme l’un des « principaux contributeurs aux bases de données d’Interpol, notamment en matière de soutien à la lutte antiterroriste », tout en soulignant les efforts du Royaume pour accroître la participation des femmes à cette lutte, une démarche nécessitant la mobilisation de toutes les composantes de la société.

Pour sa part, Natalia Gherman, Sous-Secrétaire générale des Nations Unies et Directrice exécutive de la Direction exécutive du Comité contre le terrorisme (DECT) du Conseil de sécurité, a exprimé sa gratitude au Maroc pour avoir accueilli, en collaboration avec Interpol, cet atelier crucial visant à renforcer le rôle des femmes dans la lutte antiterroriste.

Pour elle, cet atelier est une occasion propice pour « informer les experts participants, venus de divers pays de la région, des résolutions et directives pertinentes du Conseil de sécurité, et pour échanger sur les pratiques et mécanismes permettant de prévenir et de contrer les menaces terroristes ».

Mme Gherman a également salué le rôle de premier plan et l’approche proactive du Maroc, tant sur le plan international que régional dans ce domaine, un rôle qui se traduit par des initiatives marquantes, telles que la « Plateforme de Marrakech », qui réunit décideurs et experts de terrain pour favoriser l’échange de données et des systèmes d’alerte précoce.

Quant au préfet de police Hajer Elleuch, directrice générale du pôle de sécurité chargé de la lutte contre le terrorisme et le crime organisé en Tunisie, elle a souligné que cet atelier constitue une occasion d’unir les efforts face aux défis majeurs posés par l’ampleur croissante du terrorisme féminin. Elle a mis en exergue l’importance d’adopter une approche participative, conjuguant les dimensions sécuritaire, académique, sociale, culturelle et religieuse, afin de décrypter et d’analyser ce phénomène dans les contextes spécifiques à la région.

(Avec MAP)

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