Maroc-Football : Enchaîner le travail pour continuer à surfer sur la vague du succès

Par : Khalid ABOUCHOUKRI
Comme au Qatar, le Onze marocain a réitéré le même parcours avec un enchaînement copier-coller d’un nul et deux victoires en phase de groupe, une victoire au bout du suspense jusqu’aux tirs au but (Espagne en 2022 et Pays-Bas en 2026) et un succès (Portugal puis Canada) avant de céder devant le même bourreau et sur le même score. Impossible pour un metteur en scène d’offrir une deuxième série avec autant de succès.
Certes, il y a eu un changement de taille avec un nouveau casting où des stars en herbe, menés par des cadors de l’édition qatarie, ont réussi à éblouir ou à confirmer. Futur assuré.
Locomotive du ballon africain en devenant premiers qualifiés au deuxième tour (1986) et, en plus, leaders d’une poule européenne, les Lions de l’Atlas ont réalisé un super coup d’éclat en phase finale en brisant les cadenas du portail du dernier carré (2022).
Certes, le Cameroun (1990), le Sénégal (2002) et le Ghana (2010) ont balisé le terrain au football africain mais sans continuité comme des heureux accidents de parcours sans suite.
Mais, l’espoir a été ravivé par le réalisme des hommes de Regragui, combinant solidité défensive (3 buts encaissés) et rapidité d’exécution en contre (5 réalisations en 6 matches), un ratio positif (+2) et un quotient de 1,66.
Lors de ce Mondial tripartite, les Marocains ont confirmé le précédent bilan positif et cette solidité globale avec le même quotient (1,66) mais un goal-average meilleur de +4 (10 buts contre 6 concédés), soit la plus forte moisson en une édition sur sept participations.
Ainsi, la version Ouahbi a eu le mérite de secouer, encore une fois après Qatar, le confort douillet des sélections « mondiales ».
Rendement offensif et défensif, combinaisons, équilibre entre les lignes, possessions, nombres de passes constituent les nouvelles illustrations d’efficacité du groupe même si elles restent plus dépendantes des individualités.
Les Lions de l’Atlas ont, in fine, cumulé un expected goal (xG) global de 8,5 sur toute la compétition mais ils ont, par contre, affiché le plus faible en quart de finale (0,14 xG), révélateur des difficultés offensives lors de ce dernier match couperet.
Leader sans conteste, l’équipe continue à égrener le chapelet des statistiques en collectionnant les records de possession et de construction, avec notamment 601 passes réussies contre l’Écosse et un pic historique de 801 passes dans sa sortie face aux Pays-Bas.
Dans ce registre de bilan positif et de style de jeu fondé sur le bloc bas en laissant sciemment le ballon aux adversaires mieux affûtés, socle sur lequel il faut continuer à bâtir, ils ont signé un total de 3665 passes dont 3240 réussies avec Hakimi, le capitaine, produisant le plus grand nombre de passes (449), révèlent les données officielles de la FIFA.
Les Lions de l’Atlas ont-ils rempli leur objectif de s’installer définitivement dans la cour des grands du football mondial ? Une question que l’on est en droit de se poser.
En devenant la première équipe à disputer, au-delà du carré d’or de Doha, deux quarts de finale de suite, elle a, au moins, ouvert une brèche dans le cercle des grands de ce sport.
Seuls la poursuite de la stratégie initiée depuis près de deux décennies et le travail assidu et sans relâche avec toujours un focus sur la formation nous rapprocheront graduellement de l’objectif ultime et ouvriront les portes des succès et non des exploits par à-coups.



