L’Afrique face au défi de la sauvegarde de son patrimoine mondial

Les enjeux de la préservation du patrimoine mondial africain ont été au centre d’une rencontre organisée, mardi à Rabat, dans le cadre du 31e Salon international de l’édition et du livre (SIEL).
Placé sous le thème « Résonance africaine, la préservation du patrimoine mondial africain : Enjeux et objectifs », cet évènement a mis en lumière les défis multiples liés à la protection et à la sauvegarde du patrimoine matériel et immatériel du continent.
S’exprimant à cette occasion, l’experte malienne, Fatimata Sow Sidibé, a estimé qu’il est « un peu plus délicat » de sauvegarder le patrimoine immatériel que celui matériel, soulignant que la transmission du patrimoine immatériel est « en péril » face à la disparition des « aînés ».
Pour y remédier, Mme Sow Sidibé a appelé notamment à numériser le patrimoine immatériel sans perdre son éthique, son caractère humain et son authenticité, à consacrer 1% du budget de l’Etat à sa préservation et à l’intégrer dans les curricula scolaires, tout en insistant sur l’importance de mettre en valeur les détenteurs de ce savoir.
Pour sa part, l’enseignant-chercheur à l’Université Sultan Moulay Slimane à Béni Mellal, Samir Kafas, a mis souligné que le Maroc est « fortement impliqué, pas seulement dans la préservation du patrimoine national marocain, mais aussi du patrimoine africain ».
Il a également mis en exergue les actions menées par le Maroc, en coordination avec l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), visant à amorcer un processus de sauvegarde du patrimoine culturel, son identification, son inscription sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO et sa valorisation.
Par ailleurs, M. Kafas a déploré que l’Afrique soit « sous-représentée » sur cette liste, bien qu’elle soit le « berceau de l’humanité », le continent étant doté d’une très grande richesse et diversité patrimoniales.
Dans la même veine, le chercheur tunisien, Bilel Chebbi, a relevé que cette sous-représentation réside dans un « déséquilibre du système de reconnaissance » du patrimoine africain, appelant à l’amélioration de la gouvernance au niveau local, à plus de financement, à la consolidation de l’expertise des professionnels à la mise en valeur du patrimoine.
Les autres intervenants ont fait remarquer que les enjeux de préservation du patrimoine sont indissociables de l’Histoire de l’Afrique, notant que la sauvegarde de cet héritage constitue un véritable outil pour la justice historique, le développement durable et la souveraineté culturelle du continent.



