Conférence du désarmement : le SG de l’ONU appelle à rebâtir l’architecture mondiale de sécurité

Le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a lancé, lundi à Genève, un appel pressant pour restaurer la confiance internationale face à la montée des tensions et des dépenses militaires record.
S’exprimant lors du segment de haut niveau de la Conférence du Désarmement, présidée par l’ambassadeur représentant permanent du Maroc auprès de l’ONU-Genève, Omar Zniber, M. Guterres a souligné que le monde vit « une période de changement chaotique », et dénoncé des violations « effrontées » des principes fondamentaux du droit international et « l’usage imprudent de la force dans de nombreuses régions ».
Selon lui, ces dynamiques alimentent de « nouvelles courses aux armements » alors que les dépenses militaires mondiales ont atteint 2.700 milliards de dollars l’an dernier, soit « treize fois plus que toute l’aide au développement » et « l’équivalent du produit intérieur brut total de l’Afrique ».
Dans ce contexte, M. Guterres a mis en garde contre « les illusions sécuritaires ». « Les populations effrayées pourraient facilement trouver du réconfort dans des discours durs. Ce n’est cependant pas la voie vers une sécurité véritable ou durable », a-t-il prévenu, ajoutant que « le désarmement n’est pas un luxe dont on ne peut jouir qu’en temps de paix. C’est un moyen de prévenir la guerre ».
Le chef de l’ONU a rappelé que le contrôle des armements nucléaires « a prouvé sa valeur », soulignant qu’il a « évité une catastrophe » et « considérablement réduit les arsenaux ».
Il a exprimé son appréciation pour l’engagement des États-Unis et de la Russie à poursuivre des accords contraignants, malgré la disparition récente du dernier traité bilatéral de maîtrise des armements stratégiques.
Le 5 février dernier, le traité New START a expiré. Ce traité signé en 2010 et entré en vigueur l’année suivante, plafonnait le nombre d’armes nucléaires stratégiques déployées par les États-Unis et la Russie, qui détiennent à eux seuls l’écrasante majorité du stock mondial. Le vide créé survient dans un monde fragmenté par les rivalités géopolitiques alors que la rhétorique nucléaire a retrouvé une place centrale dans les conflits contemporains.
Plaidant pour « une architecture de sécurité internationale renouvelée », fondée sur la coopération et la prévention de l’escalade, le Secrétaire général de l’ONU a exhorté la Conférence sur le désarmement à retrouver pleinement son rôle d’organe de négociation.
« L’arrêt de la course aux armements nucléaires est essentiel », a-t-il insisté, appelant aussi à prévenir une course aux armements dans l’espace et, à terme, à envisager « l’élimination totale des armes nucléaires ».
(Avec MAP)



