Kiosque

Le conflit au Moyen-Orient pèse sur le marché de l’immobilier britannique

Le conflit au Moyen-Orient continue de peser sur le marché de l’immobilier britannique, avec en perspective quatre hausses des taux d’intérêt au Royaume-Uni d’ici la fin de l’année, une situation qui fait déjà grimper les taux hypothécaires, écrit lundi le quotidien britannique The Guardian.

Selon le journal, le taux moyen des prêts immobiliers à taux fixe sur deux ans s’élevait à 5,43 % lundi, contre 5,35 % vendredi, soit son plus haut niveau depuis février 2025, une tendance en nette progression par rapport aux 4,83 % enregistrés début mars. Cette hausse s’explique par les prévisions d’un resserrement de la politique monétaire de la Banque d’Angleterre.

Selon la plateforme Moneyfacts citée par le quotidien, ces perspectives ont eu un « impact catastrophique » sur le marché des prêts immobiliers en ce début de semaine. Ce nouveau « coup dur pour les emprunteurs » intervient quelques jours seulement après la décision de la Banque d’Angleterre de maintenir ses taux inchangés, tout en laissant entrevoir la possibilité de relèvements dans les mois à venir, sur fond d’incertitudes exacerbées par les tensions au Moyen-Orient susceptibles de pousser l’inflation au-delà de 3 % au Royaume-Uni.

Dans ce contexte, des experts cités par The Guardian estiment que la banque centrale pourrait procéder à quatre hausses de taux de 25 points de base d’ici décembre afin de contenir les pressions inflationnistes. Toutefois, ces anticipations sont loin de faire l’unanimité. Le gouverneur de la Banque d’Angleterre, Andrew Bailey, a mis en garde, la semaine dernière, contre des projections jugées prématurées par les marchés.

Dans le même sens, plusieurs analystes relativisent la probabilité d’un tel scénario. Derek Halpenny, responsable de la recherche sur les marchés mondiaux pour l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique chez MUFG, a ainsi qualifié d’« exagérées » les prévisions de quatre hausses de taux. L’institution financière Goldman Sachs estime également peu probable un relèvement des taux cette année au Royaume-Uni, ses économistes anticipant désormais un maintien du taux directeur à 3,75 % sur l’ensemble de 2026.

Ces divergences d’appréciation interviennent dans un climat de forte nervosité des marchés, alimenté par les tensions géopolitiques, notamment autour du détroit d’Ormuz, passage stratégique pour près d’un cinquième des approvisionnements mondiaux en pétrole et en gaz, laissant planer une incertitude persistante quant à l’évolution des prix et, par ricochet, de la politique monétaire britannique.

C’est dans ce contexte de fortes incertitudes économiques et énergétiques que le Premier ministre britannique, Keir Starmer, a convoqué lundi une réunion du comité Cobra, instance d’urgence, consacrée à l’impact économique de la guerre au Moyen-Orient. Le gouvernement britannique a, dans ce cadre, élaboré une nouvelle feuille de route économique destinée à contenir les tensions et à répondre aux préoccupations des ménages. Ce plan prévoit notamment une inflexion de l’approche économique du gouvernement, en particulier sur le plan fiscal.

Parmi les mesures envisagées figurent des ajustements fiscaux ciblés visant à alléger la pression sur les ménages, ainsi que le renforcement des dispositifs de soutien aux foyers les plus vulnérables face à la hausse des coûts énergétiques.

(Avec MAP)

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page

Adblock détecté

S'il vous plaît envisager de nous soutenir en désactivant votre bloqueur de publicité