Edition : Quand l’écrivain marocain Mohamed Boundi traite de certains volets de l’immigration…

Par : El Mostafa Nazih
C’était dans une ambiance conviviale, ce mercredi 6 mai 2026 au Salon international de l’Edition et du Livre (SIEL) de Rabat, organisé sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que l’écrivain marocain Mohamed Boundi a procédé à la signature de son dernier ouvrage « Les nouveaux citoyens d’Europe : Immigrés marocains d’Espagne ».
Spécialisé notamment dans la question de la Migration, c’était lors d’une cérémonie de signature au Stand de la maison d’édition LABIBOOK du SIEL, dont l’ouverture a été présidée par Son Altesse Royale le Prince Héritier Moulay El Hassan, que Mohamed Boundi a pu échanger avec des lecteurs intéressés par cette question.
Mais ce chercheur en sociologie et sciences de la communication paraissait, à l’occasion, particulièrement ému, de rencontrer d’anciens collègues journalistes, perdus de vue. À savoir qu’il exerçait, dans le temps, en tant que journaliste chef du Bureau international de l’agence marocaine de presse à Madrid, alors que ces collègues, présents aujourd’hui, exerçaient dans d’autres capitales, la MAP étant représentée dans les différents continents.
Comment qualifie-t-il ces retrouvailles, sinon de « moments de célébration de mon dernier ouvrage intitulé +Les nouveaux citoyens d’Europe : Immigrés marocains d’Espagne+ (…). Les retrouvailles ont revêtu un caractère particulièrement émouvant entre amis et collègues… ».

À propos de cet ouvrage, constitué d’études académiques et d’enquêtes de terrain, son auteur publiait jusque-là à Madrid où il est installé, mais cette fois-ci il a mis les pieds à Casablanca chez LABIBOOK qui, de son côté, a mis les bouchées doubles pour nous livrer un bel ouvrage dans une édition bien soignée ; une première collaboration de ce duo qui était, au bout du compte, bien réussie et qui aura, sans doute, un lendemain puisque Boundi a publié nombre d’ouvrages en Espagne, dont « Le Maroc dans l’opinion publique espagnole : imaginaire, préjugés et stéréotypes ».
Etant, depuis la nuit des temps, un besoin naturel considéré comme l’un des droits de l’homme, le phénomène migratoire continuera, à coup sûr, à susciter l’intérêt du chercheur, d’autant que les flux migratoires deviennent plus denses, plus diversifiés et dont les causes et les conséquences deviennent complexes, nécessitant davantage d’accès à l’information et d’enquêtes de terrain.
En Espagne, mais en Europe et ailleurs de manière générale, les profils des ressortissants marocains ont – tant de décennies après la première génération de travailleurs immigrés – considérablement évolué, car on a affaire, de plus en plus, à des citoyens formés, cultivés et cadres spécialisés dans différents domaines. Et comme l’indique l’auteur, l’Espagne « aspire à accueillir une immigration cultivée, légale et jeune ». D’ailleurs, le nombre de ressortissants marocains en situation régulière atteint actuellement « un million » en Espagne et « un quart des ressortissants marocains sur son territoire sont devenus binationaux de 2013 à 2023 », et « pour avoir acquis les valeurs culturelles de la société d’accueil », ces nouveaux citoyens d’Europe jouissent naturellement « de la liberté de se déplacer, de travailler et d’étudier dans l’espace de l’Union européenne », note-t-il.

Ceci reflète l’importance de la proximité géographique et du facteur des liens historiques qui donne à réfléchir sur les relations humaines et sur un destin commun, quelque part.
Cette proximité géographique pourrait justifier, à elle seule, le choix de la destination Espagne par un grand nombre de touristes marocains qui étaient 900.000 à avoir visité surtout les destinations andalouses en Espagne, comme l’avait mentionné le secrétaire régional du Tourisme de la Communauté Valencienne, qui avait déclaré à l’agence Europe press que le Maroc regorge d’un gros potentiel à mettre en valeur. Et qui s’attend, de ce fait, à recevoir encore plus de touristes marocains. Dans ce cadre, les dépenses des touristes marocains en Espagne ont atteint 1,084 milliard d’euros en 2025, pour une durée de séjour moyenne de 6,2 jours.
Il va de soi que la prochaine Coupe du Monde de 2030 serait un levier supplémentaire pour augmenter ce flux touristique entre les trois pays co-organisateurs (Maroc-Espagne-Portugal) et pour davantage de rapprochement entre leurs peuples et le renforcement de leurs partenariats économiques gagnant-gagnant.
Et pour revenir au contenu de ce livre en misant, à dessein, sur le goût d’inachevé, il est opportun de relever qu’il traite également du « modèle hispano-marocain de l’immigration circulaire » et – dans un registre plus global – de la femme marocaine immigrée dans son ensemble, représentée par des cadres dans divers domaines.
Aussi, son auteur annonce déjà la couleur, dès les premières pages, en soutenant la nouvelle « Approche Globale de la question des Migrations et de la Mobilité », notamment ses « recommandations selon lesquelles l’AGMM devrait être fondée sur quatre piliers d’importance égale », à savoir « L’organisation et la facilitation de l’immigration légale et de la mobilité » ; « La prévention et la réduction de l’immigration clandestine et de la traite des êtres humains » ; « La promotion de la protection internationale et le renforcement de la dimension extérieure de la politique d’asile » ; et « La maximisation de l’impact des migrations et de la mobilité sur le développement ».



