Point de vue

CEDEAO-Maroc : Ce n’est que partie remise ?

Par : El Mostafa NAZIH

L’adhésion du Maroc à la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ne sera finalement pas examinée par le 52ème Sommet ordinaire le 16 décembre 2017 à Abuja, capitale du Nigéria et siège de cette organisation sous-régionale, un autre Sommet extraordinaire serait organisé, début 2018, pour être consacré exclusivement à la confirmation de cette adhésion au sujet de laquelle le 51ème Sommet des chefs d’Etat avait donné son « accord de principe » le 4 juin 2017 à Monrovia (Libéria).

Le report de l’examen de cette question est justifié par le retard pris pour la finalisation d’une étude d’impact sur cette adhésion ; étude dont l’élaboration n’a été achevée que le 7 décembre courant et qui n’a donc pas été consultée par les pays membres de la CEDEAO d’autant que l’agenda de ce sommet est particulièrement chargé, marqué notamment par la question du processus de mise en œuvre de la Vision 2020, y compris le projet de monnaie unique, et l’examen d’autres questions sécuritaires liées à la situation dans certains pays membres. D’ailleurs, l’actuel sommet devait avoir lieu initialement à Lomé, capitale du Togo, mais la situation politique dans ce pays était à l’origine de son transfert au Nigeria.

« Après concertation avec le Maroc et discussions avec les Etats membres ces derniers jours, on s’oriente vers un sommet extraordinaire en début d’année prochaine, exclusivement consacré à la question », a indiqué jeudi à l’AFP un haut responsable gouvernemental à Rabat.

Après l’accord de principe donné en juin dernier par les Chefs d’Etat et de gouvernement de la CEDEAO à la demande marocaine, cette adhésion devait être actée officiellement samedi prochain à Abuja.

Les dirigeants ouest-africains ont, cependant, souhaité un délai supplémentaire pour examiner en détails l’étude d’impact qui vient de leur être remise, selon la même source.

« La perspective stratégique est la même », a assuré le responsable marocain en précisant que « la formalisation juridique de l’adhésion ouvrira la voie à une discussion technique » sur le processus d’harmonisation des tarifs douaniers et la libre circulation des personnes, des biens, des services ou des capitaux.

Inutile de dire que « l’accord de principe » consacre l’adhésion politique du Royaume à cet espace ; seulement le volet d’intégration économique peut prendre du temps notamment au niveau douanier et tarifaire et ce, conformément aux dispositions du traité révisé de la Communauté.

Faut-il rappeler aussi que l’Afrique sub-saharienne est le premier partenaire commercial du Maroc qui est d’ailleurs le deuxième investisseur africain sur le Continent. Son adhésion effective à la CEDEAO ne sera donc que la consécration de son rôle économique, en contribution au développement dans cette sous-région. Le compte à rebours est relancé !

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