Culture & Arts

L’IMA, ALIPH et l’AFD lancent un Fonds d’urgence pour la protection du patrimoine libanais

L’Institut du monde arabe à Paris (IMA) et l’Alliance internationale pour la protection du patrimoine (ALIPH) ont annoncé la création d’un « Fonds d’urgence pour la protection du patrimoine libanais en temps de guerre », avec le soutien de l’Agence française de développement (AFD).

« Dans un contexte où le patrimoine du Liban est gravement menacé par le conflit régional en cours, l’IMA, ALIPH et l’AFD ont souhaité s’associer pour exprimer leur solidarité à l’égard des autorités et du peuple libanais, à travers la création d’un fonds international dédié à la protection d’urgence des monuments, des sites archéologiques et des musées et de leurs collections au Liban », expliquent les trois partenaires dans un communiqué conjoint, publié vendredi.

Cette annonce intervient à l’occasion de l’ouverture à l’IMA de l’exposition « Byblos, cité millénaire du Liban », organisée en partenariat avec le ministère de la Culture du Liban et la participation du Musée du Louvre, présentant 400 pièces d’exception qui font immerger le public dans l’épopée de cette cité classée sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.

Mis en œuvre par ALIPH en lien étroit avec les autorités libanaises et les professionnels du secteur, le nouveau Fonds d’urgence vise à « soutenir des actions prioritaires de sauvegarde, de sécurisation et de préservation du patrimoine libanais, et notamment du site de Byblos », indique le communiqué, cité par l’agence MAP.

Et d’ajouter que les premières dotations témoignent de l’engagement conjoint des partenaires à cet égard : 50.000 euros apportés par l’IMA pour la préservation du site de Byblos, 100.000 dollars américains engagés par ALIPH pour protéger le patrimoine du site archéologique de Tyr et les réserves de la Direction Générale des Antiquités du Liban (DGA) et 25.000 euros apportés par l’AFD qui s’associe à l’initiative en apportant son soutien partenarial.

L’Institut du monde arabe et ALIPH réaffirment à cette occasion leur engagement en faveur de la protection du patrimoine, « essentiel à la mémoire des peuples et à la reconstruction des sociétés en temps de crise », tandis que l’AFD inscrit son soutien dans la continuité de son engagement en faveur du patrimoine culturel libanais.

Cité dans le communiqué, le ministre libanais de la Culture, Ghassan Salamé, a exprimé sa gratitude à l’IMA, à ALIPH et à l’AFD pour cette initiative, qui apporte « une réponse concrète à une situation d’urgence que connaît aujourd’hui le patrimoine libanais ».

« Dans les périodes d’épreuve, le patrimoine n’est pas seulement ce que l’on protège : il est aussi ce qui nous tient ensemble. Ce soutien intervient à un moment critique, et vient renforcer les efforts engagés par les autorités libanaises et les professionnels du secteur pour préserver ce qui constitue une part essentielle de notre mémoire collective », a-t-il souligné.

Co-fondé par la France et les 22 Etats de la Ligue arabe, l’IMA est mobilisé pour valoriser le patrimoine archéologique de ses Etats membres, à travers de grandes expositions emblématiques, à l’instar de celle consacrée à « Byblos, cité millénaire du Liban » qui se poursuivra jusqu’au 23 août au siège de l’Institut à Paris.

Créée en 2017 à Genève, ALIPH est le principal fonds mondial dédié à la protection du patrimoine menacé par les conflits, le changement climatique et les catastrophes naturelles. Depuis 2020, ALIPH a soutenu une quarantaine de projets au Liban pour un montant total de 5,6 millions de dollars américains. La fondation est intervenue rapidement après l’explosion dans le port de Beyrouth et lors du déclenchement des conflits de 2024 et 2026.

Acteur majeur de la coopération internationale de la France, l’AFD est, pour sa part, présente au Liban depuis 1999, où elle a financé plus de 125 projets pour 1,3 milliard d’euros d’engagements nets, intervenant dans des secteurs aussi variés que la santé, l’eau et l’assainissement ou l’éducation. Dès 2007, l’agence y a soutenu aussi le renforcement institutionnel de la Direction générale des Antiquités, finançant des formations aux techniques de conservation et de recherche archéologique en partenariat avec l’Institut français du Proche-Orient.

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